Titre : The Last Poets


LES INTERVIEWS DU PROGRAMMATEUR : THE LAST POETS (TRANS 1992)


Retranscription interview The Last Poets

LE MENU COMMENCE APRES CETTE LIGNE

Émission diffusée le 21 Février 2014 sur Canal B.

 ➜ La page de THE LAST POETS

AUTRES ARTISTES CITÉS :

DC Basehead
The Disposable Heroes Of Hiphoprisy
The Beatnigs
Suicide
Bo Diddley
Link Wray
Roky Erikson
Rufus Harley

EXTRAITS JOUÉS DANS L'ÉMISSION :

New York, New York – The Last Poets (The Last Poets, Douglas, 1970)
Wake Up, Niggers – The Last Poets (The Last Poets, Douglas, 1970)
When The Revolution Comes – The Last Poets (The Last Poets, Douglas, 1970)

 

LE MENU FINI ICI

LE CONTENU COMMENCE APRES CETTE LIGNE

Jean Louis Brossard : Les Last Poets c’était en 1992. C’est un groupe que j’ai découvert en 1970, j’avais acheté leur premier album qui s’appelle The Last Poets et qui est sur le label Douglas. Douglas était l’ancien manager d’Hendrix, qui d'ailleurs avait toujours pas mal de choses enregistré à l’époque de Jimi, qui sortent beaucoup plus aujourd'hui que du temps de son vivant d’ailleurs. Les Last Poets avait un morceau qui s’appelait New York, New York et qui passait au Pop-Club de José Artur, c’était le meilleur disque pop de la semaine. Tout de suite ça m’avait hyper impressionné parce que ça ressemblait à une déclamation sur des percussions, il y avait un percussionniste et trois… j'allais dire trois rappeurs mais on appelait pas ça des rappeurs. A l’époque le mot rap n’existait pas. Pour moi ils étaient donc les précurseurs du hip hop et j’ai eu la chance de les voir également à New York, dans une soirée à la Groove Academy où ils étaient invités dans une soirée un peu acid jazz à la Gilles Peterson. Donc ils étaient reconnus. Après cette soirée je suis allé dans une soirée rap avec mon pote Monte Christo et Hervé Bordier,  il n'y avait que des blacks, on était vraiment les seuls blancs. Alors a un moment il a fallu qu’on parte parce qu'on était pas vraiment les bienvenus. C’est assez incroyable parce que je me souviens, tu entrais, tu donnais cinq dollars et là il y avait une caisse par terre avec des crayons dedans. J’étais obligé de demander aux gens « Mais pourquoi y a des centaines  de crayons ? » on m'a répondu « un crayon, c’est une arme ». C’était une soirée assez rigolote, assez hardcore. Bon on s’est pas non plus fait agresser, à part des « fucking whitie » de temps en temps…

   "Un crayon, c'est une arme"

Pour en revenir aux Last Poets, j'ai organisé à la salle de la Cité une soirée où j’avais déjà invité DC Basehead et Disposable Heroes Of Hiphoprisy, qui était le groupe de Michael Franti. Je les avait fait deux ans avant avec les Beatnigs et là c’était son nouveau projet. Je lui dis que ça serait bien d'inviter un groupe de l’histoire du début du hip hop comme les Last Poets. Je les ai donc invité et ensuite j’ai même invité Suicide en fin de soirée, car j’avais lu un article dans Libé où Alan Vega disait que son groupe préféré était les Last Poets. En lisant le papier dans Libé –c’était un portrait d’Alan Vega- je me suis dis « Ah ben ah ouais, les Last Poets… ». Alan Vega les a donc rencontré, ils habitent tous New York et la fille de Suliaman, un des deux « rappeurs » des Last Poets, était prof et elle avait dans sa classe la fille d’Alan Vega ! C’est assez marrant quand même, il fallait qu’ils viennent à Rennes pour se rencontrer... d’où le nom Rencontres Trans Musicales.


 © Frédéric Pithois

C’était quand même un public Trans, mais qui s’intéressait vraiment à ces musiques là. On faisait écouter les disques, on faisait des émissions de radios, on expliquait pourquoi ça avait du sens qu'un groupe ancien comme les Last Poets vienne aux Trans, comme on avait pu faire avec Bo Diddley ou Link Wray, Roky Erikson ou d’autres. Le sens de la liaison entre Last Poets et Suicide n'était pas vraiment musicale. C’était seulement basé sur ce que j'avais lu dans une interview : que les Last Poets était le groupe préféré d’Alan Vega.

Il y avait Jalal Nuriddin et Suliaman El-Hadi, et Jalal est revenu après avec Rufus Harley, un joueur de bagpipe qui était un des premiers mecs à faire du jazz à la cornemuse. Pour étoffer la soirée, j'avais invité avec le tourneur, un groupe de jazzmens et Jalal était venu rapper sur trois morceaux.  

C’était une très belle rencontre entre les Last Poets et Disposable Heroes, ils se passaient en quelque sorte le relai. C’était le petit Japonais qui faisait les percus dans Disposable Heroes et cette idée de transmission lui plaisait. Les Last Poets étaient un peu comme leurs grands-pères. Pour eux aussi ça avait vraiment du sens. Ils n'avaient pas d’actualité, de temps en temps ils sortaient quelques disques avec Bill Laswell, il y en a quelques-uns qui sont sortis sur Celluloid. Les deux premiers albums sont sortis sur Douglas, The Last Poets et This Is Madness, mais après le deuxième il ne s’est pas passé grand-chose et le groupe a splitté. Il y avait alors Jalal Nuriddin et Suliaman El-Hadi d’un côté et deux autres de l'autre qui eux aussi ont monté leur groupe. A un moment il y avait donc deux Last Poets qui tournaient.

LE CONTENU FINI ICI