Titre : Sigue Sigue Sputnik


LES INTERVIEWS DU PROGRAMMATEUR : SIGUE SIGUE SPUTNIK (TRANS 1985)


Retranscription interview Sigue Sigue Sputnik

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Émission diffusée le 16 Mai 2014 sur Canal B.

 ➜ La page de SIGUE SIGUE SPUTNIK

AUTRES ARTISTES CITÉS :

The Redskins
The Woodentops
Forest Hillbillies
Carbon/Silicon

EXTRAITS JOUÉS DANS L'ÉMISSION :

> 21st Century Boy, Flaunt It - Parlophone (1986)
> Love Missile F1-11, Flaunt It - Parlophone (1986)

 

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Jean-Louis Brossard : Sigue Sigue Sputnik est un groupe que j'avais découvert par l'intermédiaire de Marc Zermati, qui avait le label Skydog ainsi que le festival de Mont-de-Marsan. Il m'avait passé un petit coup de bigot et m'avait dit “ah Jean-Louis c'est la troisième génération du rock, aucun disque n'est sorti, y'a rien et c'est complètement génial, c'est Sigue Sputnik”. Il m'avait fait écouter un truc et je trouvais ça plutôt intéressant, on retrouvait dans le groupe le bassiste de Generation X qui s'appelle Tony James. J'avais un très beau souvenir du concert de Generation X en première partie des Ramones au Rainbow à Londres en 77, donc on a décidé de faire ce concert à Rennes. Ce n'était pas une mince affaire, parce qu'ils venaient de signer avec une très grosse agence anglaise qui était pleine de fric.

Il y avait des costumes pas possible, l'agent était là, et le concert était très très très bizarre parce que c'était une soirée qu'avait commencé par les Redskins. Ensuite il y avait les Woodentops, Sigue Sputnik et Forest Hillbillies pour terminer. Le problème qu'on a eu à l'époque c'est que comme il n'y avait pas grand monde dans la salle au début et les Redskins ont refusé de monter sur scène à l'heure. Ils sont montés une heure plus tard donc c'était hyper tendu. Ensuite il y a eu l'agent qui nous a demandé 300 pounds en plus sinon le groupe ne jouait pas, donc on a ressorti 300 livres. Mais ce qu'on ne savait pas c'est que ces 300 livres, c'était pour acheter le manager des Woodentops, pour qu'ils jouent moins longtemps ! C'est ouf quand même ! Puis au moment où les Woodentops sont sur scène, leur manager appelle Rolo le chanteur et lui dis : “on arrête maintenant” le mec lui a fait un doigt et les Woodentops on fait leur concert normalement. 

   "À l'époque on faisait encore les canettes. On a arrêté peu de temps après."

L'autre problème qu'il y a eu c'est que le groupe ne voulait personne backstage. A l'époque ça se passait Salle de la Cité, un tout petit lieu, les backstages sont tout petits. Donc j'ai viré tout le monde, puisque c'était à la demande du groupe. Je travaillais avec un autre pote à l'époque, Luc Verger, qui travaillait avec l'agent anglais, c'est avec lui que je faisais le concert, j'avais envie que les choses se passent bien, j'ai donc dis aux gens d'allez boire un verre ailleurs plutôt que de traîner backstage à boire des coups etc. Les mecs l'ont à moitié mal pris.

Puis le groupe est monté sur scène, la musique avait un petit peu un côté à la Suicide, il y avait deux batteries électroniques, un clavier et ils avaient une dégaine pas possible, les cheveux super longs, Tony James avait un espèce de masque sur la figure, la fille qui faisait le son avait des ongles de trois mètres de long, c'était assez incroyable de la voir travailler. Au bout du quatrième morceau le chanteur s'est pris un boîte de bière, à l'époque on faisait encore les canettes. On a d'ailleurs arreté peu de temps après. Le chanteur s'est pris une une canette de bière en pleine gueule, il est devenu complètement fou et il a commencé à se friter avec le public, donc le concert a duré 40 minutes avant que Phillipe, mon chef de sécu, n'évacue le chanteur du groupe de scène.


 Sigue Sigue Sputnik © Gaël Vaillant

Mais bon il y a eu des moments assez rigolos. Je me rappelle de Philippe Maujard d'Ubik qui bossait avec nous et qui avait été pisser sur la porte de leur loge. C'était un peu du n'importe quoi tout ça. Par contre ce qui était un peu dommage pour Woodentops c'est que les médias on vachement parlé de ce concert parce qu'il a eu cette rixe. Bon, et puisqu'on est dans les souvenirs, ce qui est assez marrant c'est que la personne qu'a lancé la première cannette (pas celle qui a atteint le chanteur), c'était Jean-René Courtès ! Je le balance ! Et Il faisait partie de l'association ATM ! C'est une chose qui ne se fait pas Jean-René ! D'ailleurs, le batteur l'a bien vu, il s'est rappelé du gars aux lunettes, le gars "with the spectacles". Il l'a cherché ensuite, mais Jean-René était parti. Quand j'ai refait quelques années plus tard Big Audio Dynamite II, il y avait ce même batteur qui jouait avec la deuxième moutures de Big Audio Dynamite alors il m'a demandé si le gars aux lunettes était là (rires) my god ! Enfin bon il y a pleins d'autres histoires à raconter sur cette soirée, mais je sais pas si c'est racontable sur Canal B.


 La scène après le concert © Loïc Lostanlen

Tony James est revenu avec Mick Jones pour Carbon/Silicon, un projet assez moyen je dois dire mais garçon charmant au demeurant. Ce qui est incroyable aussi sur Sigue Sigue Sputnik c'est qu'ils ont monté une boutique de fringue aussi à Londres qui s'appelait Boy je crois, ils avaient des gros t-shirts... Une fois je passe à Londres et puis je vois la boutique, il y avait deux millions de factures sous la porte. Le truc était déjà terminé, la troisième génération du rock n'a pas vraiment abouti...

Ah ! Si ! Ils ont fait un truc quand même extraordinaire Sigue Sigue Sputnik : ils ont vendu des pubs sur leurs disques entre chaque morceaux. C'est le premier et le dernier groupe à l'avoir fait. Les Who avait fait ça avec des fausses pubs sur The Who Sell Out mais là ils avaient vraiment vendu des publicités à des gens sur le disque ! 

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