Titre : Bérurier Noir


LES INTERVIEWS DU PROGRAMMATEUR : BÉRURIER NOIR (TRANS 1986 et 2003)


Retranscription interview Bérus

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Émission diffusée le 6 Juin 2014 sur Canal B.

 ➜ La page de BÉRURIER NOIR

AUTRES ARTISTES CITÉS :

Wart
Ludwig Von 88
Washington Dead Cats
Les Négresses Vertes
Arno
Denez Prigent
Danyèl Waro

EXTRAITS JOUÉS DANS L'ÉMISSION :

Salut à Toi – Bérurier Noir (Joyeux Merdier 12'', Bondage Records, 1985)
Vivre Libre Ou Mourir – Bérurier Noir (Concerto Pour Détraqués, Bondage Records, 1985)

 

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Jean Louis Brossard : Les Bérus... c'est pas une mince histoire ! J'ai rencontré ces types-là à un concert à l'Ubu. C'était je pense autour de 1985, à l'époque ça s'appelait la Salle Jarry. J'avais rencontré le groupe en les faisant jouer, et je m'étais vachement bien entendu avec eux, un vrai truc s'était passé avec le groupe, mais aussi avec Marsu qui était leur manager à l'époque. C'est là qu'on m'a proposé d'organiser une fiesta Bérurières en fin de Trans Musicales. Il faut savoir que les Bérus, sont des gens qui viennent du milieu alternatif. Nous on est quand même un festival assez connu... mais on s'entendait bien et ça a marché parce qu'on a toujours été plutôt potes. On a donc décidé de faire cette soirée à la salle de la Cité en 86. Ils voulaient absolument un groupe Rennais donc on a invité Wart, un excellent groupe de l'époque. Il y avait aussi Ludwig Von 88, qui était sur le même label et les Washington Dead Cats, c'est à dire beaucoup de monde.

   "À l'époque, à la salle de la cité, il fallait payer pour enlever les sièges (...) Après le concert des Bérus fallait payer pour les mettre."

À l'époque on était encore jeune et je me rappelle qu'il y avait un monde de folie devant la salle de la Cité. Marsu le manager des Bérus est monté sur le camion sur lequel on vendait la billeterie pour dire aux gens : "Mettez vous en rang deux par deux et tout le monde rentrera". Alors tout le monde s'est mis en rang deux par deux et effectivement tout le monde est rentré. Crois moi : ça faisait du monde!  

Les Béru c'était tout un truc, ils avaient leur propre sécu, enfin en tout cas sur scène, il y avait Helno qui a fondé après Les Négresses Vertes et toute une bande de potes, des cracheurs de feu... c'était la totale quoi. Je me rappelle qu'il y avait une énorme échelle qu'on avait mise sur la scène, Helno et un autre mec montaient, descendaient de l'échelle et se laissaient tomber... des trucs complètement dingues, en tout cas c'était assez sympathique.

Il faut dire aussi qu'on avait invité les Washington Dead Cats, je me rappelle de Titi (le régisseur) le matin du concert. J'avais dormi que quelques heures, il m'appelle je sais pas vers 9/10h du mat et me dit "Jean-Louis je viens de trouver une caisse de navets dans les backstages, est-ce que tu peux venir d'urgence à la Salle de La Cité". Ouais... parce que quand tu bosses aussi avec l'alterna c'est pas la même chose qu'avec des prods qui sont au taquet, avec tourman anglais et tout ça quoi. Je dis "oui bon j'arrive" et effectivement il y avait des navets... Les Washington font "non non non c'est pas nous !". On était le samedi et ils avaient fait le marché des Lices parce que leur truc c'était de balancer des légumes sur le public, tout en balançant de la farine! Donc le public a eu le droit aux poireaux mais pas aux navets.

À l'époque, à salle de la cité il fallait payer pour enlever les sièges, donc on avait enlevé que deux rangées.  Après le concert des Bérus fallait payer pour mettre des sièges ce qui était plutôt une bonne nouvelle pour nous... parce que fallait voir la salle en fin de concert... Je me rappelle de cette pauvre Lulu qui faisait le nettoyage à la salle de la Cité, quand elle est arrivée avec son petit seau le dimanche matin, elle a posé le truc et elle est tombée en larmes. Elle a dit "stop j'arrête". Parce que c'était... ça sentait le poireau là-dedans c'était même pas pensable, il y avait quatre rangées de sièges cassés, de la farine partout, enfin c'était l'émeute, c'était absolument incroyable. En tous cas le concert s'est super bien passé le public des Béru est très bon de toute manière. Ils ont beau avoir des crêtes, décider d'être punk ou pas, ça a toujours été un super public qui est là pour la fête et surtout pas pour la violence.


 Après les Bérus, salle de la Cité, 1986 © Richard Dumas

Quand il y a eu l'anniversaire des 25 ans des Trans, c'était une soirée où j'avais invité des gens qui faisaient partie de l'histoire du festival. Ça tombait au moment où les Bérus commençaient à sortir un DVD qui racontait leur histoire. Ils ont dit : les Trans, on y va.  Je suis allé les voir à Paris avec Béatrice pour voir les morceaux qui allaient faire, eux qui recrute un peu les Titis, les gens de la bande, le sax qu'ils avaient à l'époque, parce que ces gens là s'étaient un peu perdus de vue, ils avaient fait des projets à droite à gauche,

On a décidé de les faire venir et c'est là c'est pareil ! Pour moi faire les Bérus c'était comme faire Arno, Denez Prigent, Danyèl Waro tout ça... et là tu t'aperçois qu'il y avait énormément de gens qui étaient fans de ce groupe et beaucoup de gens d'ailleurs qui ne les avaient pas vu, qui écoutaient ça parce que c'était leur frère qui leur faisait écouter. Donc ça a été un truc de dingue, on a été complets très vite et dehors ça a été un peu le souk, il y a eu des problèmes avec les CRS mais bon y a eu quoi... 150 personnes à rentrer gratos, quelques carreaux de cassés, mais dans la salle c'était absolument génial, y a pas eu une esclandre ni rien, c'était un concert assez mémorable quand même.

En tout cas c'était un vrai plaisir de retravailler avec eux, il y avait une bonne troupe, ils étaient une cinquantaine et je me rappelle avoir vendu des billets à deux euros pour qu'ils puissent les donner à des potes à eux dans le public. Donc c'est Loran le guitariste qui allait voir les gens qui étaient dehors pour inviter les mecs qui était SDF, etc. C'est des chouettes personnes quand même. J'aimais bien ce coté de l'alterna de l'époque, même les Washington, les mecs étaient sympas, ils avaient une autre vision des concerts : il fallait que les places soient pas chers, ce genre de chose qu'on pratique déjà. C'était quand même des gens qui étaient militants à pleins de niveaux... Respect, pour les Bérus.

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