Titre : Minimal Comptact


LES INTERVIEWS DU PROGRAMMATEUR : MINIMAL COMPACT (TRANS 1982)


Retranscription interview Minimal Compact

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Émission diffusée le 13 Mars 2015 sur Canal B.

 ➜ La page de Minimal Compact

AUTRES ARTISTES CITÉS :

The Honeymoon Killers (Les Tueurs de la lune de miel)
Hermine
TC Matic
Arno
Stephan Eicher
Lefto
El Diablo
Meïra Asher

EXTRAITS JOUÉS DANS L'ÉMISSION :

Next One Is Real – Minimal Compact (Next One is Real, Crammed Discs, 1984)
Ping Pong – Computerjockeys (Computerjockeys, Harvest, 1999)

 

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Jean-Louis Brossard : Minimal Compact avaient joué à une soirée Crammed Discs en 1982 à l'amphi Chateaubriand à Villejean. Je me rappelle qu'il y avait Les Tueurs de la lune de miel, Hermine, Minimal Compact... J'avais organisé cette soirée avec Bertrand Dupont qui est un ami qui habite en Bretagne et qui fait beaucoup de choses pour le jazz, et avec Marc Hollander, le boss du label Crammed Discs. On va d'ailleurs retrouver bientôt Marc Hollander à l'Ubu pour un concert d'Aksak Maboul. C'était une soirée vraiment intéressante.

Minimal Compact était un groupe très important pour l'époque, d'abord parce que même s'ils étaient Israéliens, ils étaient basés en Belgique et donc pour moi ça représentait un peu la musique Européenne. Ils avaient un son différent des Anglo-Saxons, qui rejoint un peu quelqu'un comme TC Matic, enfin comme Arno avec TC Matic,  Stephan Eicher ou Litfiba avec Pierrot Pelù enfin tu vois ce son qui ne ressemble pas du tout au son des Anglais ou des Américains de l'après punk, du post-punk. Il y avait beaucoup d'influences très très funk dans la musique de Minimal Compact. James Murphy est un très gros fan, c'est un groupe beaucoup aimé qui est une référence musicale pour pas mal de gens.


 Minimal Compact © Ian Craddock

Suite à ce concert je suis devenu assez ami avec Samy Birnbach, le chanteur de Minimal Compact, et je suis souvent allé en Belgique... jusqu'à ce que j'aille carrément dormir chez lui, on allait faire les disquaires ensemble... Il avait toujours son émission de radio qui s'appelait Lysergic Factory et il faisait aussi des compilations pour le label Crammed Discs, les compils Freezone. Quand ils ont commencé les Freezone c'était une période où on était déjà très avancés dans l’électro. Il allait piocher des choses un peu partout en Europe, aux Etats-Unis, avec à chaque fois des inédits sur ses disques. C'est là où je me suis décidé à le faire en DJ, donc il est devenu DJ résident des Trans pendant une quinzaine d'années. Il a joué un peu dans tous les endroits, que ça soit au Parc, au Liberté, à l'Ubu, à la Cité, et il avait toujours de très bonnes sélections. C'est plus un "selector" qu'un DJ. Il connaissait beaucoup de monde c'était un mec qui voyageait pas mal, qui allait beaucoup en Allemagne, en Angleterre, en Hollande. Il avait un circuit de personnes... C'est un type qui aime bien discuter, qui aime beaucoup parler... il est très dans le disque, même si maintenant il est plus dans le téléchargement parce que c'est plus difficile d'avoir les disques.


 DJ Morpheus © Bruno Chiron

Je me rappelle d'une anecdote : je suis chez Samy à Bruxelles et je dis « Bah écoutes Samy, je vais y aller là, je vais faire un tour chez le disquaire ». Il y a de très bon disquaires à Bruxelles -moins maintenant malheureusement- mais y en avait un très bon surtout dans le hip hop / l'électro qui s'appelait Music Mania mais qui a fermé il y a quand même 10 ans... Donc on est mercredi, et je décide d'aller faire les disquaires et là Samy me regarde et me dit « Quoi ! Tu vas faire les disquaires un mercredi ? Mais c'est le jeudi qu'on fait les disquaires ! » Samy, il est réglé comme une horloge ! C'est-à-dire que c'est comme ça, c'est tel jour, il a son chemin, il commence par tel disquaire, il va ensuite chez un autre... Si tu lui changes son parcours ça va pas. Donc souvent il y allait le jeudi parce que c'est là où il y avait des arrivages évidemment.

Je me rappelle une fois on était à Music Mania, les mecs passaient des disques dans la boutique et il y a avait Lefto (qui est d'ailleurs un DJ qui a joué aux trans après et qui travaillait dans cette boutique, mais qui est plutôt spécialisé hip hop) qui avait passé le morceau Ping Pong par un groupe allemand. Tout de suite j'ai foncé, j'ai pris le disque, et juste derrière moi il y a Samy qui dit « Is there another copy ? ». Ensuite ce fameux morceaux Ping Pong a été l'image de marque de Samy dans ses sets, les gens lui demandaient ce morceau, qui n'était pas de lui bien sûr. Donc souvent il fallait qu'il joue Ping Pong parce que c'était quand même pratiquement le premier à le jouer. 

Je l'ai emmené partout Samy, je l'ai emmené en Chine, je l'ai emmené en Russie, je l'ai emmené à l’Île de la Réunion. J'avais le projet de le faire bosser avec un groupe de raggaloya qui s'appelait El Diablo et que j'avais fait aux Trans en 2002. On a été invité à manger à côté de Saint-Pierre dans le nord de l’île, c'est là où le groupe répétait. Samy leur a fait écouter des trucs, des sons, et donc le show c'était Samy qui passe un skeud et les mecs qui faisaient du raggaloya dessus avec leurs voix et leurs percus, puisque à la base c'est un groupe de maloya donc il n'y a aucune électricité. Ils ont fait les Trans au Liberté bas et puis malheureusement après El Diablo a splitté. C'est dommage parce que El Diablo était un groupe assez particulier, avec beaucoup d'énergie, et qui aurait pu développer quelque chose de fort en France.

Je suis aussi allé en Israël, c'était y a longtemps, j'avais fait une sorte de mini- conférence devant des professionnels israëliens de la musique. J'étais invité par Rami Fortis qui était un des deux guitaristes de Minimal Compact. C’était pour un petit festival et ça m'a permis de rencontrer Meïra Asher qui était une chanteuse israélienne, que j'ai fait l'année d'après aux Trans Musicales. C'était l'époque où ils faisaient d'énormes raves dans les rues de Tel Aviv, un truc de dingue, t'avais 20.000 personnes et c'était absolument incroyable.

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