
“And dig and dig
The future waits beneath
Until they excavate
Until they set us free”
In Archeology, Indoor Life, 1981
Depuis trois décennies, les Trans participent au monde des musiques actuelles. Et il faut leur accorder le crédit d’y être un grand festival, de prendre part véritablement et complètement à cette histoire et d’y inscrire une trajectoire originale.
L’œuvre de mémoire est fertile quand elle n’exploite ni la mythologie ni la nostalgie. Au contraire elle ouvre à de nouvelles lectures, enrichies de la répétition des faits. Elle donne profondeur et densité à chaque geste. Par capillarité, elle reconnecte entre eux actes et analyses.
Le festival est maintenant plus âgé que les publics qui le fréquentent ; et les spectateurs sont indifférents et oublieux de ce qu’ils n’ont pas vécu. D’autant plus que le monde très industriel des musiques actuelles a depuis longtemps transformé l’œuvre en produit et a gommé la curiosité de certains esprits tant le formatage et la standardisation sont les maîtres mots de la production d’aujourd’hui.
Alors dans cette uniformisation, à l’heure où la communication vaut action, les Trans font l’effet d’un événement difficile à percevoir et encore plus à cerner. Par ce travail de mémoire, dans l’ampleur d’une perspective historique, ce sont les Trans qu’il faut faire émerger, dans leur posture fondamentale, toute empreinte de singularité.
Les principes appliqués dans l’élaboration du projet du festival le sont tout pareillement dans ce travail de mémoire :
Les objectifs fixés sont :
A cet endroit, il est difficile de ne pas parler de la patrimonialisation. Nées dans l’énergie dionysiaque d’une contre-culture, les musiques actuelles sont-elles compatibles avec ce regard que le travail d’archives fait porter sur son objet ? Sans aucun doute, parce que les musiques actuelles font déjà partie de l’histoire des arts.
Et il est injuste de penser que le travail de patrimoine met sous cloche, pétrifie tout mouvement ; bien au contraire il multiplie les sources et les regards. C’est l’opportunité de nouvelles rencontres par télescopage des temps : le passé et le présent retrouvent les liens de la perspective.
Ce projet est donc un levier d’impulsion nouvelle à la fois dans la réflexion des Trans et dans leur action.
Outil au service de la connaissance de ces musiques et des artistes qui les ont forgées, il irrigue les autres projets portés par le festival : le Jeu de l’ouïe, sur le versant d’éducation artistique, le projet d’accueil des publics « Festivalier mode d’emploi », l’Agenda 21 dans sa version action culturelle.
Tout ce travail perdrait de son sens s’il n’était pas destiné et adressé aux publics. Ils en sont les destinataires comme ils ont été les spectateurs des concerts Trans. Et habitués qu’ils sont à immortaliser chaque instant de concert, ils pourront y participer aussi à terme, via un appel à dépôt de leurs enregistrements son et/ou image.
Le fonds documentaire sera utilisé pour rechercher de nouvelles formes relationnelles entre publics et art : expositions ; conférences ; édition d’un jeu (de l’ouïe) ; livres (parution musicologique, paroles et souvenirs/anecdotes d’artistes mais aussi des équipes, des publics ; base de données artistiques sur les programmations de chaque édition, cartographies des nombreuses familles esthétiques représentées…) ; peut-être à terme livret avec cd, thématique de décoration des espaces durant le festival, etc.
Ces différentes déclinaisons, à inventer, ont aussi la fonction, au-delà de leur contenu et de leur apport artistique, de faire vivre les Trans, leur nom et leur projet, de dépasser la bulle temporelle dans laquelle tout festival est emmailloté.
A l’occasion de leur trentième anniversaire en 2008, les Rencontres Trans Musicales de Rennes ont lancé le projet Mémoires de Trans.
Le travail débute par un premier recensement de documents de toute nature (documents papier, photographies, audiovisuels, musicaux …) constituant le fonds conservé depuis trente ans par l’association productrice des Rencontres Trans Musicales de Rennes. Il se concrétise par des rendus publics proposant un état de l’évolution du travail sur chaque édition du festival.
Les 30èmes Rencontres Trans Musicales en 2008 ont été l’occasion d’une présentation publique de quatre réalisations Mémoires de Trans :
Les 31èmes Rencontres Trans Musicales en 2009 ont permis aux publics de découvrir huit nouvelles réalisations Mémoires de Trans :
Le Ministère de la Culture et de la Communication a lancé en 2010 un appel à projets auprès des acteurs culturels publics et privés à but non lucratif, afin de valoriser les collections et les fonds documentaires pour les rendre plus largement accessibles à tous sur Internet.
Via ce dispositif, le Ministère soutient des initiatives visant à faciliter l’accès et développer les usages des fonds patrimoniaux et contemporains pour un large public, pour la recherche, l’enseignement, la formation, le tourisme culturel, le développement régional…
Les projets sélectionnés doivent également permettre de stimuler les partenariats entre services de l’État, services des collectivités locales et partenaires privés et inciter au développement de nouvelles collaborations transversales entre institutions (archives, bibliothèques, musées, services patrimoniaux...).
Avec la sélection de son projet Mémoires de Trans, l’ATM est devenue la première structure de musiques actuelles retenue dans le cadre de cet appel à projet numérisation du Ministère de la Culture et de la Communication.
A compter de 2010, le projet est entré dans une phase plus technique dédiée à l’inventaire précis des ressources identifiées, la constitution d’un fonds documentaire, la rédaction des notices scientifiques de chacun des documents recensés et leur indexation, la négociation et la cession des droits d’exploitation des archives à caractère artistique, la numérisation des documents pour leur exploitation aussi bien par les Archives Municipales (dans le cadre du dépôt complet de ces archives qui leur est fait) que par la mise à disposition aux différents publics par le biais d’une base de données documentaire multimédia pour le web (portails du Ministère de la Culture et du site Mémoires de Trans).
En raison du nombre important de documents recensés, l’ensemble de ce travail technique se fera sur six années. Un plan de numérisation définit, dès 2010, les moyens techniques et juridiques à mettre en œuvre.
Afin de conserver une unité intellectuelle, artistique et culturelle, il a été retenu, en concertation avec les services des Archives Municipales, le fait de travailler désormais par années de programmation et non par typologie de documents (photographies, vidéos, etc.).
En 2010 et 2011, l’équipe et les partenaires du projet ont ainsi travaillé sur les archives des qunize premières années de programmation des Trans, de 1979 à 1993.
La première période de travail s’est conclue par l’inauguration du site portail www.memoires-de-trans.com dédié au projet et a continué son alimentation en mettant à disposition des publics (chiffres au 1er Janvier 2012) :
Ceci constitue un véritable encouragement à poursuivre la constitution et l’exploitation du fonds documentaire, dans le cadre de notre projet d’action culturelle et d’éducation artistique. Une réflexion de fonds est également menée sur la forme innovante, exploratoire et interactive que pourra emprunter, à court terme, l’exploitation de ce fonds. Au regard des objectifs artistiques, culturels, éducatifs déclinés dans le projet de l’association, un travail de développement et d’utilisation des ressources numérisées est parallèlement en cours et sera mené en direction de tous les publics, et plus spécifiquement :
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